Une avenue de la Corniche réaménagée (secteur de Grosse Terre)

A Saint Hilaire de Riez

 

 

De manière à limiter l’impact de la circulation sur la Corniche vendéenne et d’en permettre une meilleure exploitation, il convient de réfléchir sur le plan de circulation que connaît actuellement le site. Comme le rappelait Mathieu Guilbaud, l’urbanisation en haut de la falaise, au détriment de ce qui était aux environs de 1870 une côte sauvage, a été préjudiciable à la végétation et par conséquent a enrayé les captures sédimentaires. À cela s’ajoute une route de front de mer, longue bande imperméable, qui a remis en question le jeu complexe du ruissellement et de l’évacuation des eaux pluviales. Toutefois, il faut d’abord sauver un héritage en danger et la route n’est qu’une ligne de partage très précaire. La consommation de la Corniche de Sion peut donc opter pour d’autres modalités, afin de pérenniser cette attraction, sans nuire à son accessibilité. Le bétonnage du front de mer ne peut qu’être préjudiciable à la beauté du site tandis que la perte de l’espace entre le bord de mer et les villas, à plusieurs endroits symbolisé par la route, handicaperait grandement le lieu. Réduire la charge de passage sur cet espace est donc nécessaire – aspect bien compris quand la circulation des poids lourds devient interdite. Le quartier de Grosse Terre se révèle être un laboratoire intéressant.

L’avenue de la Corniche comporte à cet endroit un virage relativement dangereux et les bandes cyclables, apposées au sol, n’invitent pas à la sereine cohabitation entre automobiles et cycles. En cas de pistes cyclables sur le site de la Corniche de Sion, il paraît d’ailleurs difficile de les concilier en conservant une route à deux sens. Or, ce secteur dispose d’une voie de « délestage », la rue du Jet d’eau. Il paraît donc possible de mettre en valeur la découverte en vélo du patrimoine balnéaire de la plage de la Pelle à Porteau tout en diminuant l’impact routier sur ce point. Le quartier de Grosse Terre pourrait donc être un premier laboratoire sur l’insertion d’une circulation piétonnière et surtout vélocipédique, en limitant l’aspect boulevard de l’avenue de la Corniche.

Sur le secteur de l’avenue de la Corniche, entre les deux débouchés de la rue du Jet d’eau, la route actuelle peut être partagée entre une route à sens unique pour les automobiles, et deux voies cyclables, chacune dans un sens (carte). Pour la route automobile à sens unique, le sens de la circulation choisi est celui de Sion à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, car il représente celui qui pose le moins de problème au niveau des débouchés avec la rue du Jet d’eau ; dans le cas contraire, les automobiles venant de Sion devraient couper l’avenue de la Corniche pour s’engouffrer dans la rue du Jet d’eau, intersection représentant un nouveau danger. Les automobilistes se dirigeant vers Sion auront également moins de risques avec les cyclistes qui doivent monter l’avenue de la Corniche. Pour la piste cyclable de Saint-Gilles-Croix-de-Vie à Sion, elle est nécessairement en site propre, par souci de sécurité, ce qui implique une distinction particulière avec la route automobile, sans empêcher l’accès aux villas et aux rues adjacentes ; une ligne de distinction en plots paraît la plus simple à réaliser, mais il faut aussi juger à l’esthétique, et limiter l’aspect piste cyclable zone de parking non autorisée. L’accès à cette piste cyclable doit être également étudiée, dans la mesure où les voitures devront couper la bande cyclable pour entrer dans la rue du Jet d’eau (bandes cyclables prioritaires). Les cyclistes seront moins tourmentés par les automobiles dans la portion protégée, puisqu’ils verront les voitures qui désirent tourner dans les rues adjacentes à l’avenue de la Corniche. La rue du Jet d’eau conserverait son stop, afin de faciliter l’accès sans risque des cyclistes à l’avenue de la Corniche qui se poursuit sans aménagement. Pour la piste cyclable de Sion à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, il est possible de n’en faire qu’une bande cyclable, mais agrandie par rapport à celle actuelle ; par mesure de sécurité, l’installation d’une piste cyclable en site propre serait une meilleure idée, puisqu’elle empêcherait les automobilistes indélicats d’empiéter sur la bande cyclable. La ligne de distinction pourrait se constituer de plots, ou d’une ligne de partage continue (quelques ouvertures étant seulement nécessaires). Si la zone d’accès à la piste semble relativement simple – à condition d’une bonne signalisation –, la sortie comporte plus de risques et nécessitera là encore une réflexion sur le passage sans problème de la piste cyclable à la bande cyclable bien moins importante en surface.

 

Carte : Une avenue de la Corniche réaménagée

 

La rue du Jet d’eau peut rester à double sens, même si l’existence d’une route à sens unique en direction de Saint-Gilles-Croix-de-Vie risque, à terme, d’être privilégié par la majorité allant dans ce sens. Le double sens limitera la vitesse de circulation sur une zone qui n’a pas vocation à devenir un nouveau boulevard, la rue du Jet d’eau restant ainsi une voie de desserte essentielle pour le quartier. La rue du Jet d’eau doit, de toute façon, conserver ses deux stops à ses débouchés avec l’avenue de la Corniche.

Circuler autrement, c’est aussi maîtriser la circulation, de manière à ce que la Corniche vendéenne soit plus un lieu de visite qu’un lieu de passage.