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Port de Brétignolles, projet pas si exemplaire

Bassin en eau profonde

Allongement ponton n° 8

La Vigie

Les parkings à bateaux

(communément appelés Ports de plaisance)

doivent-ils encore se développer?

 

Le dernier rapport IFREMER (2005) nous renseigne sur la flotte des navires de plaisance en France. Elle représente 841.000 immatriculations en métropole réparties dans les 370 ports et 96 installations portuaires de plaisance que comptent nos côtes. Le département de la Vendée, quant à lui, dénombre 7 ports ou installations, loin derrière le Finistère (78) le Morbihan (43) les Côtes d’Armor (36) ou la Loire Atlantique (21) Mais rapportées à la capacité réelle d’accueil des ports et installations, le département de la Vendée, avec ses 4.367places, dispose d’une capacité générale moyenne de 624 places contre 159 pour le Finistère, 203 pour Le Morbihan, 244 pour les Côtes d’Armor ou encore 316 pour la Loire-Atlantique. Les autres départements ont donc adopté une politique de mitage plutôt qu’une concentration de bateaux au même endroit. Ainsi la Vendée et tout particulièrement Port La Vie prend toute sa place dans l’essor de l’activité économique de la plaisance. Eu égard à la faible surface de la commune de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, on peut même dire que le seuil de tolérance environnemental est atteint.

Dès lors, lorsque Madame Roux déplore le manque de places et dénonce le retard pris depuis les années 1990, nous sommes fondés à penser qu’elle vise les autres départements côtiers.
Couvrant l’événement, Ouest France cite l’ancienne Présidente des chantiers Bénéteau qui pronostique : « j’ai l’impression que les choses se retournent. Je garde l’espoir que les choses bougent dans un délai raisonnable » Bien évidemment, le CPNS se félicite de l’activité croissante d’une industrie qui nourrit de nombreuses familles du canton. Néanmoins, le comité reste vigilant et ne peut que s’inquiéter des propos d’un ministre qui tend à mettre en avant l’économie au détriment de l’environnemental, comme d’habitude serait-on tenté d’écrire. Les propos de Monsieur Perben affirmant que les Préfets agiront « dans le respect du point de vue de l’intégration aux sites» laissent perplexes car les projets en attente sont quasiment tous bloqués pour des problèmes environnementaux !

La pénurie de places pointée par le journal Le Monde daté du 20 juillet 2007 relance le débat. Dans un contexte où le développement durable semble avoir les faveurs du public, quelle sera la position du nouveau gouvernement ?

Le port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie


Né dans la douleur, le port de plaisance de Saint-Gilles-Croix-de-Vie a grandi malgré des oppositions politiques, financières, économiques et environnementales. Lors du dernier agrandissement, des pieux non prévus par le projet étaient ajoutés en toute illégalité. La légalisation intervînt une fois le fait accompli.
Lors du conseil municipal du 13 décembre 2006, la municipalité a voté la transformation d’une filière en ponton, visant à la mise en place de 8 pieux neufs et de pontons de plaisance et équipements associés afin de supprimer la filière actuellement en place. Une passerelle neuve de 16m de long remplacera la passerelle existante de 12m . Le montant estimé des interventions est fixé à 149.200€ HT pour les pieux et 207.700 € HT pour les pontons et équipements associés. En théorie, le projet ne créera pas de places supplémentaires. Mais cela accentuera encore un peu plus le sentiment de parking à bateaux qui caractérise désormais l’embouchure de la Vie.
Pour couper court à tout débat, la municipalité semble avoir trouver la faille : le montant des travaux n’exige pas une enquête publique préalable. Dès lors, pas de contestation publique possible. Nous sommes encore une fois mis devant un fait accompli. Ces procédés inquiètent fortement le CPNS qui connaît les projets de la municipalité d’étendre encore plus le port de plaisance le long du quai du port Fidèle et sur les bords du quai Gorin, façon marinas. Que restera-t-il alors du charme de cette localité ? Ne tue-t-on pas la poule aux œufs d’or à l’heure où le tourisme recherche une certaine authenticité ? Et où en est le projet de port à sec qui revient périodiquement dans les discours sans jamais voir le jour. Quelles études alternatives ont été élaborées durant toutes ces années ? Une idée avait été émise par la municipalité pour une implantation d'un port à sec sur la zone actuellement réservée aux gens du voyage. C’était encore une fois oublier qu’il s’agit d’un espace humide protégé. Le Préfet avait stoppé net le projet. Depuis, il n’en a plus jamais été question. Mais qu’aurait fait un préfet  « facilitateur » ?

 

 

Photo Cyriaque Feuillet

Quand la plaisance sait être belle

Le port de plaisance de Brétignolles-sur-Mer


Après le projet d’une centrale nucléaire dans les années 1970, Brétignolles fait l’objet d’une nouvelle attaque. Dans les deux cas, trois points communs : un site inapproprié, un environnement en péril et une population résolument contre ! Mais cette fois, la municipalité est à l’instigation du projet qui aurait une superficie de 5,6 hectares sur le site remarquable de la Normandelière et qui se double d’un programme immobilier très important et … rémunérateur.
L’emprise du projet de port est située  sur une nappe phréatique, ainsi que sur une prairie en zone humide classée en zone de coupure d'urbanisation au plan d'occupation des sols (POS) de Brétignolles-sur-Mer. Le bassin, quant à lui, serait implanté sur une prairie en zone humide, classée par les scientifiques en ZONE ZNIEF II et classée au POS en zone de coupure d'urbanisation. On notera ici toutes les hypocrisies liées à l’établissement de règles qui ne sont établies que pour mieux les transgresser. Rien ne résiste au pouvoir de l’argent !

Le projet coupera en deux un espace dunaire remarquable et entraînera également :
la suppression de la plage du Marais Girard,
la destruction du rocher de La Mouine,
la disparition de la réserve d'oiseaux migrateurs à la Grand Roche
Enfin, il existe un risque de pollution de la nappe phréatique située sous l'emprise du projet de bassin; Cette nappe d'eau douce sera polluée par les rejets de métaux lourds, d'hydrocarbures, … que l’on trouve dans ce type d’installation
Le CPNS reviendra plus longuement sur ce projet lors du dépôt de l’enquête publique.

Selon La Vigie (lettre d'info de juillet 2007) "l’enquête publique était annoncée pour l’été puis la fin 2006, puis pour le printemps 2007 et maintenant pour l’été 2007 (Paroles de Brétignolles, juillet 2007). On apprend aussi que l’étude d’impact n’est pas encore rédigée"

 

Source: La Vigie

Date de mise à jour : 15/08/2007

Dernière mise à jour : 28/12/2008