une logique d’immédiateté
Les différents projets d’aménagement (port à sec, Les Sables d’Olonne), de création (Brétignolles-sur-mer), d’extension (St-Gilles-Croix-de-Vie) concernant les ports de plaisance, doivent être l’occasion de réfléchir à la politique de gestion et d’occupation de ces lieux publics. Ces divers travaux sont justifiés par l’obligation d’augmenter le nombre de places pour accueillir un nombre toujours croissant de bateaux. Les élus s’appuient sur les listes d’attente pléthoriques, dont on sait pertinemment qu’elles sont et seront inépuisables. Au problème complexe de la gestion de la navigation de plaisance, les réponses sont le plus souvent simplistes, pensées pour répondre dans une logique d’immédiateté, de rentabilité économique (la crise devenant un argument majeur) sans que se conduise au préalable une réflexion qui pourrait concerner les acteurs économiques, les utilisateurs et les associations directement concernées, les résidents, les élus.
interroger le fonctionnement actuel
Prenons le cas de St-Gilles-Croix-de-Vie qui après
des travaux conséquents d’extension, vient de voter l’accord
pour l’extension d’un ponton existant, pour les raisons que
l’on vient d’évoquer au-dessus, sans avoir interrogé
le fonctionnement actuel, ni les principes qui le guident. Faut-il trouver
d’autres règles d’utilisation de l’estuaire, bien
de tous, accaparé par quelques-uns ? Est-il normal qu’un bateau
ne sorte que trois jours chaque année quand on voit le coût
que cela génère ? Un système de bail de trois ans non
renouvelable systématiquement n’est-il pas légitime
?
Plusieurs plaisanciers achètent un bateau (objet idéalisé),
puis après les premières sorties s’en désintéressent
mais ne se décident pas à s’en séparer pour ne
pas perdre la place tant convoitée. Si on instaure un roulement,
on peut dégonfler les listes d’attente, et éviter que
certains ne s’approprient le port. (Le projet de port à sec
aux Sables d’Olonne s’accompagne d’une promesse de réservation
de l’emplacement de 25 ans !) Si les 450 places sont prises d’assaut,
nous verrons une liste d’attente se gonfler pendant 25 ans. C’est
l’histoire du serpent qui se mord la queue…
Doit-on imposer un quota de voiliers par rapport aux bateaux à moteur
qui sont les plus polluants ?
Faut-il nécessairement remplir le port de pontons et supprimer l’échouage
qui donne à St-Gilles-Croix-de-Vie son aspect tant apprécié
de port Breton ?
Ce port de plaisance, parking à bateaux, ne génère
aucune animation. Les shiplanders que l’on trouve dans d’autres
sites sont absents. Le morne alignement des coques polyester uniformes et
des vitres teintées rappelle le cachet des campings accueillant un
entassement de mobile homes.
se réapproprier l'histoire maritime de notre cité
Où est l’histoire maritime de notre citée ? Avec les travaux quai Garci Ferrande une partie de l’architecture portuaire a été saccagée, quai en pierres de taille et cale, pour être recouverts par une construction en aluminium et bois. Aucun ponton n’est réservé ou proposé aux vieux gréements. Aux Sables-d’Olonne le ponton dit des Olonnois compte 50 unités. A Noirmoutier le port va donner la priorité à ce type de bateaux. Quand les Olonnois régatent où lorsqu’ils sortent pour une manifestation particulière (fête de la mer) ils sont plébiscités et photographiés. A St-Gilles-Croix-de-Vie rien de tout cela. Nous avons le Hope, l’arbre qui cache la forêt et qui permet à la municipalité de se donner bonne conscience. Ces dernières années nous avons vu partir les derniers bateaux en bois sans que cela n’émeuve qui que ce soit du côté de la municipalité.
Jacques LEGAL, membre du CPNS
Réflexions autour des ports de plaisance
par
Jacques LEGAL, membre du CPNS