
Septembre 2006
Communiqué à la Presse :
Sion, son avenir architectural tarde à se définir
Le Comité pour la Protection de la Nature et des Sites du canton de Saint
Gilles Croix de Vie s’interroge sur l’avenir de Sion, façade
maritime de la commune de Saint Hilaire de Riez qui sera bientôt rebaptisée
Saint Hilaire l’Océan. Cette nouvelle dénomination qui abandonne
les couleurs jaune et rouge de son logo pour des nuances de bleu, reflets de
la mer qui longe ses 13 kms de côtes, montre bien l’importance que
l’on devrait accorder à l’évolution de Sion, station
balnéaire. L’architecture est la partie visible de la vie d’une
ville. Elle est l’accroche qui va permettre de se sentir à l’aise
ou non dans un lieu de vie.
Aussi, avons-nous voulu poser cette question des plus vitale pour Sion à la municipalité : quelle architecture va caractériser Sion, la station de Saint Hilaire l’Océan en devenir ?
Sion aurait pu avoir une existence indépendante de Saint- Hilaire. Une
affiche- réclame des Chemins de Fer la présentait à la
fin du 19ème siècle comme une station balnéaire située
à 3 kms …de la gare de Saint Gilles Croix de Vie. Mais un chemin
de terre et un chemin de fer la reliaient au bourg de Saint Hilaire.
Au début du 20ème siècle, une chapelle édifiée
par la famille Renaud va devenir le cœur de Sion et le cœur d’un
projet de lotissement de 4 ha. L’hôtel des Pins, le café
de la Plage et l’hôtel Frédéric, la villa Clarté
sont autant de vigies qui donnent à Sion son caractère de station
balnéaire du début du siècle dernier. Ce sont les points
d’accroche qui vont, au cours des années, lui donner une identité
que les habitants préfèrent conserver comme autant de témoins
d’un passé proche. Mais aussi comme les bases de données
qui devraient servir de modèles aux nouveaux projets : en effet, la richesse
et la diversité des pignons et des décorations en briques autour
des fenêtres,
Or, depuis plusieurs années, si nous voyons se réaliser comme
dans la rue René Moreau des petites maisons de pays qui s’intègrent
bien dans le paysage urbain de Sion, nous sommes dans une interrogation très
dubitative par rapport à certains projets qui banalisent ce front de
mer par des réalisations architecturales regroupant tous les ingrédients
d’un « moderne » dépassé. En effet, comment
construire plein ouest ?. Une architecture vraiment moderne devrait actuellement
tendre à réaliser un habitat respectueux du développement
durable en intégrant davantage l’utilisation des énergies
renouvelables, en tenant compte de l’orientation du bâtiment et
en intégrant la récupération des eaux pluviales –
la situation de front de mer implique de tenir compte de la force du vent, des
embruns et du soleil.
De plus, nous sommes dans une interrogation forte par rapport à l’architecture
de la future thalassothérapie. L’îlot Jeanne d’Arc
va être rasé entraînant la démolition des maisons
et, en particulier, de l’ancienne bibliothèque, la Clarté,
permettant ainsi de bâtir face à la mer un centre de soins doté
de 2 restaurants. L’inventaire pour conserver les villas remarquables
n’a jamais été fait à Sion. Mais, en vertu de l’article
111-21 du Code de l’Urbanisme qui stipule de n’accorder les permis
de construire que s’ils ne portent pas « atteinte au caractère
ou à l’intérêt des lieux avoisinants », va-t-on
continuer à accorder des permis de construire à des réalisations
aussi destructrices du paysage urbain de Sion?
Que nous restera-t-il ?
La chapelle s’est colorée en rose, l’hôtel Frédéric
en vert et l’ancien casino lutte face à l’océan pour
conserver et sa toiture et les ailes qui lui restent. L’ancienne bibliothèque,
la Clarté, sera rasée! Il nous faut naviguer à vue dans
les couleurs de l’Europe du nord.
Une maison de pays, promenade de la mer démolie pour être remplacée
par un projet, , style « casiers à bouteilles », qui aurait
pu être conçu dans les années 60, années où
l’essor touristique commandait des immeubles concentrés.
On aurait pu penser que l’objectif de toute construction sur ce front
de mer allierait le développement de Sion et la protection de son paysage
urbain par des préconisations claires et précises concernant les
permis de construire dans cette zone sensible. Nous reposons la question : quelle
architecture pour Sion pour pouvoir y vivre sereinement en conciliant le développement
que cette station mérite, même tardivement, et le respect de l’identité
de son paysage urbain ou, si la population le souhaite, des réalisations
audacieuses et résolument nouvelles?
Article paru dans le Courrier Vendéen, édition du 14/09/2006
