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La guerre des pignons: sommaire

La guerre des pignons aura-t-elle lieu ?

Acte I

Le pignon ou telline vendéenne

La telline (tellina Donax sp) est un mollusque bivalve des sables littoraux du monde entier, caractérisé par les tentacules qui bordent son manteau.

Ce petit coquillage de 2 à 3 centimètres maximum vit en bordure de mer, sur le haut des estrans sableux à sablo-vaseux sous quelques centimètres de sable mouillé.

Le pêcheur tire à reculons un chalut-râteau là où rompent les premières vagues. Une courroie passée autour de sa taille l’aide à tracter cet équipage, les manches en bois permettant de régler la pénétration de l’engin dans le sable.

Historique de l'affaire

La telline, appelée pignon par chez nous, est très appréciée des habitants de nos côtes. Mis à dégorger 12 à 24 heures, elle peut être consommée crue, pochée en persillade ou à la crème. La pêche aux pignons est une tradition bien ancrée au bord de mer. Sur nos plages elle est traditionnellement réservée aux pêcheurs amateurs.

Mais il y a 3 ans, suite à une autorisation donnée par les Affaires Maritimes de Noirmoutier, des pêcheurs professionnels se sont avisés de vouloir exploiter les gisements de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, St-Hilaire-de-Riez et de Brétignolles-sur-Mer. Le CPNS et un certain nombre d'associations alertèrent le Préfet de Région et les maires concernés qui firent alors front commun pour empêcher l'exploitation des pignons par des professionnels. La mairie de st Hilaire prenait même un arrêté municipal fixant à 3 kg par personne la cueillette d'une pêche à pied.

En ne classant pas les sites convoités par les professionnels en zones de production, le Préfet se donnait les moyens de ne pas délivrer de permis d'exploiter et mettait fin à cette tentative d'exploitation à grande échelle. Mais les pêcheurs à pied professionnels ne s'avouèrent pas vaincus et entamèrent une procédure devant le Tribunal Administratif (T.A.) de Nantes. Le T.A. vient de sanctionner la décision du Préfet.

Le point de vue du CPNS

L'annulation du refus de licence par le Tribunal Administratif comme conséquence d’un arrêté préfectoral de décembre 2004 non publié va avoir des conséquences graves pour le littoral vendéen.
En effet, il va en découler pour des pêcheurs de pêche professionnelle l’obtention de licences leur permettant de venir exploiter de manière intensive des gisements de tellines ou pignons. Il s’agirait d’une exploitation industrielle qui serait faite par des pêcheurs bretons.


Il découle de cette éventuelle situation plusieurs considérations et questions :

  1. - Comment peut-on envisager de remplacer une pêche de loisirs pratiquée par de nombreuses familles du pays ou par des vacanciers à qui l’on demande de respecter et la méthode et le quota de pêche par une pratique avec emploi de tracteurs qui vont labourer sans vergogne nos plages ?
  2. - Pourquoi les pêcheurs bretons veulent-ils venir sur les plages vendéennes ? Leurs propres gisements sont-ils épuisés par des pratiques industrielles ?
  3. - Un recensement de la richesse des gisements de nos côtes a-t-il été établi?
  4. - Sous quelle forme cette pêche professionnelle industrielle serait-elle accordée ? (concessions de surface accordée aux pêcheurs professionnels avec interdiction de la pêche douce pratiquée par les amateurs ?)

La pêche professionnelle à pied

La telline se reproduit à l’âge d’un an, ce qui a pu laisser croire que la ressource était inépuisable.. Dans un rapport daté de 2000*, IFREMER note que "la telline (Donax sp) est présente sur l’estran en grande quantité et fait l’objet d’une exploitation locale (Vendée, Bretagne Sud). En baie de Douarnenez, sa pêche a connu une période de croissance incontrôlée de 1985 à 1993, (jusqu’à 300 pêcheurs), d’où un état de surexploitation quasi - généralisé de cette ressource."
Depuis, l’exploitation a été réglementée.

* Rapport sur l'exercice de la pêche dans la zone côtière de la France, Jacques BOLOPION, André FOREST, Louis - Julien SOURD Janvier 2000

 

"La pêche aux pignons" Charles Atamian (1872-1947) huile sur toile (81x65) 1932 St Gilles Croix de Vie -Vendée

Photo: Fédération Française de la Course Camarguaise
Photo: IFREMER

 

Fort de ces inquiétudes, le CPNS a écrit le lundi 20 novembre 2006 à Monsieur le Préfet de Vendée pour lui demander quelle sera sa position si une nouvelle demande de permis d'exploiter lui était présentée ainsi qu'aux maires des communes concernées.

 

 

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La réponse du Préfet

 

Page mise à jour le 21/01/2007