Enquêtes publiques:
vers un relèvement du seuil de déclenchement
France Nature Environnement
Communiqué
de presse - Mardi 5 mai
Plan de relance et suppression des enquêtes publiques
Non à « karchérisation » du code de l’environnement
!
Patrick Devedjian, à l’occasion d’un point d’étape sur la mise en œuvre du plan de relance a annoncé la suppression de procédures d’enquêtes publiques. Cette annonce intervient à la suite d’une réforme votée au mois de janvier qui assouplit déjà les conditions d’autorisation des activités industrielles au détriment de la protection de l’environnement. Réaction.
Une réforme irrationnelle
Patrick Devedjian a annoncé avoir soumis à la consultation interministérielle
un texte visant à relever le seuil de déclenchement des enquêtes
publiques. En clair : le but est de permettre l’autorisation d’un
maximum de projets à risques sans concertation et information du public
(riverains, associations, élus, etc…)
Pour Sébastien Genest, Président de FNE : « la création
des enquêtes publiques environnementales par la loi Bouchardeau du 12
juillet 1983 est un progrès démocratique pour lequel les associations
se sont battues. Sa remise en cause est un scandale ! »
Sébastien Genest poursuit : « Cette annonce, réalisée sans aucune consultation préalable, n’a aucun intérêt ni économique ni écologique. Pire, elle sous-entend que l’écologie ne rime pas avec économie, cette vieille erreur que les acteurs du grenelle avaient pourtant enterré. Décidément, certains font tout pour que ce plan de relance ne soit pas vert mais bien gris foncé ».
Oui à la simplification, non à
la régression
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « Cette annonce n’a
pas de sens. L’urgence est d’améliorer pas de supprimer
les enquêtes publiques. L’urgence pour la France est de se conformer
à ses engagements européens et internationaux. L’urgence
est de faire en sorte que les citoyens aient envie de participer aux enquêtes
publiques ! L’urgence n’est pas de karchériser le code
de l’environnement ! ».
Pour FNE, il faut réfléchir à
la raison pour laquelle le public pourrait bouder certaines enquêtes
publiques. A l’évidence, le public a parfois l’impression
que les jeux sont faits et les projets ficelés avant même la
consultation. De plus, pendant l’enquête publique, les conditions
de participation et d’accès à l’information pourraient
être grandement améliorés...
FNE note que la suppression plutôt que l’amélioration des
procédures de concertation peut conduire la France à être
en infraction avec ses engagements européens. FNE réclame depuis
longtemps le respect des dispositions de la convention signée à
Aarhus en 1998 aux termes desquelles le public doit êter consulté
Et le 3e régime...
Cette annonce d’une suppression d’enquêtes publiques vient
s’ajouter à la réforme dite du « 3e régime
» que FNE combat avec acharnement dans son principe même. La loi
portant plan de relance votée le 17 janvier dernier prévoit
en effet un assouplissement des conditions d’autorisation de la plupart
des installations classées soumises à autorisation au détriment
de l’évaluation environnementale, de la concertation etc…
Au final, ces mesures ne serviront pas les industriels vertueux, qui ont compris
que l’écologie est un atout pour demain. Elles ne répondent
probablement qu’aux souhaits de quelques industriels habitués
des contentieux environnementaux.
FNE demande le retrait pur et simple de ces réformes et le fera savoir dès l’ouverture de la table ronde sur les risques industriels en cours d’organisation.