Date de mise sur le site : 09/09/2010
Schéma dAménagement
et de
Gestion des Eaux
du bassin de la Vie et du Jaunay
ENQUÊTE PUBLIQUE: LA DEPOSITION DU CPNS

Monsieur le Commissaire Enquêteur,
Notre association immatriculée sous le numéro W853000930 bénéficie
de l’agrément préfectoral défense de l’environnement
pour le territoire du canton de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
Par la présente note nous portons à votre connaissance les observations et suggestions que nous inspire l’étude du dossier d’enquête publique du SAGE Vie Jaunay.
Du dispositif règlementaire mis en place on peut extraire
quelques principes et les premières observations :
1) le SAGE Vie Jaunay en cours d’élaboration
doit être compatible avec le SDAGE Loire Bretagne qui a été
adopté par le comité de bassin en octobre 2009. Les objectifs
prescrits par le SDAGE LB sont rappelés dans le rapport environnemental
page 6.
-l’alimentation en eau potable
-l’amélioration de la qualité des eaux de surfaces
-la continuité écologique des cours d’eau
-la sauvegarde et la mise en valeur des zones humides
-la restauration des écosystèmes littoraux
-la concertation avec l’agriculture
-la gestion des zones soumises aux crues
2) le SAGE V J comprend plusieurs documents dont le PAGD et le Règlement
:
le PAGD fixe l’état des lieux, les principaux en jeux, le cadre règlementaire et opérationnel, il n’est pas opposable aux tiers.
le Règlement définit les mesures précises permettant la réalisation des objectifs exprimés par le PAGD. Sa rédaction est d’autant plus importante qu’il est opposable aux tiers et qu’il s’impose au SCOT et aux documents d’urbanisme.



Préalable : il manque au dossier un bilan de référence
année ‘zéro’ ; de même qu’il manque
le bilan de ce qui a déjà été réalisé
pour l’amélioration de la qualité des masses d’eau
du bassin : dans ce 2ème cas l’année de référence
pourrait être 2005 qui suit l’état des lieux du bassin
Loire Bretagne adopté en décembre 2004 par le comité
de bassin LB (cf. PAGD pages 72-73).
Question : pourquoi ne pas inscrire dans le PAGD
un bilan année ‘zéro’ (2009 ?) qui servirait
de référence pour les révisions futures du SAGE.?
Les cours d’eau du bassin sont classés en cours d’eau migrateurs pour l’anguille. La présence de nombreux obstacles infranchissables et la gestion hydraulique dans les marais contrarient le cycle des espèces piscicoles migratrices.
Les eaux de surfaces sont majoritaires dans le bassin ; il est écrit (PAGD page 26) que la dégradation (de leur qualité) est liée à la vocation exclusivement agricole du bassin… et que certains systèmes épuratoires sont défaillants. Au regard des objectifs fixés par la DCE sur le bassin et par le SDAGE en aval du bassin versant, la qualité actuelle des eaux est globalement insuffisante (PAGD pages 72 et 73)
La morphologie dégradée des cours d’eau (PAGD pages
73 et 74) serait la principale cause de la mauvaise qualité des
masses d’eau ; restreindre le diagnostic à ce seul facteur
- qui est réellement dégradant - peut conduire à
ne pas considérer comme prioritaire la diminution de la pollution
chimique d’origine agricole. Les SAU représentent plus des
2/3 de la superficie du bassin ; l’élevage bovin est en stagnation,
mais les élevages porcins et avicoles progressent fortement (PAGD
page 54). On reste perplexe quant à la pertinence des développements
(PAGD page 59) qui concerne la réduction des impacts des intrants
agricoles sur le milieu naturel. La disposition 12 (PAGD page 91) introduit
la nécessité d’une action de réduction des
intrants agricoles mais sans indication de valeurs ni calendrier.



Conclusion
On note que le Règlement
– qui est opposable aux tiers - ne retient dans ses objectifs qu’un
très petit nombre (4) des actions préconisées par
le PAGD. Le Règlement comprend 4 articles consacrés aux
traitements des eaux usées et rappellent le cadre règlementaire
concernant ces démarches ; quant au 5ième article il a le
mérite de rappeler les prescriptions règlementaires existantes
en faveur des zones humides. Force est de constater que le Règlement
n’est pas novateur. Ceci donne à penser qu’on a rédigé
un contrat a minima avec certains usagers de l’eau. L’eau
potable est une denrée rare. La nécessité d’une
consommation économe n’est pas assez soulignée, elle
n’est préconisée qu’après les solutions
lourdes. Sans la contribution active de tous les usagers, avec un large
soutien financier des pouvoirs publics si nécessaire, notre sentiment
est qu’on ne donne pas au bassin versant Vie Jaunay les ambitions
et les moyens pour atteindre dans les délais les objectifs fixés
par la DCE et le SDAGE LB.
Question : le Règlement ainsi rédigé
ne traduit-il pas un manque de volonté pour atteindre les objectifs
imposés par la DCE et le SDAGE LB ?
Question : de quels moyens disposent les collectivités pour faire appliquer ces mesures ?
Benoît Graux président du CPNS Saint-Gilles-Croix-de-Vie
le 15 octobre 2010
-le diagnostic de la situation du bassin versant Vie et Jaunay semble complet et pertinent et sans complaisance. Il souligne les risques récurrents de déficit en eau brute (PAGD page 74).
Plusieurs données chiffrées sont trop anciennes pour être
représentatives de la réalité d’aujourd’hui
; les écarts jettent un doute sur la fiabilité des diagnostics
et la fiabilité de certaines prévisions de besoins et par
là sur l’efficacité des mesures préconisées
; par exemple le chiffrage des pesticides et phytosanitaires dans les retenues
(PAGD page 30) ; autre exemple, les statistiques concernant le nombre des
habitants (PAGD pages 51 et 52) : année de référence
2005 pour le nombre d’habitants sur le bassin versant VJ, année
2001 pour le chiffrage de la capacité d’accueil, alors que
la progression de ces chiffres est à 2 chiffres depuis 2004. La seule
projection à l’horizon 2015 concerne la progression de 22%
du nombre des ménages dans le département par rapport à
1999. La frange littorale est gratifiée d’une augmentation
non évaluée de la fréquentation estivale.
Question : pour donner plus de crédibilité
au diagnostic et aux mesures préconisées, ne faut-il pas actualiser
les données chiffrées ?
-les objectifs semblent bien identifiés, certains devraient pouvoir être atteints en 2015 comme le préconise la DCE, cependant la majorité des masses d’eau n’atteindront le bon état écologique et chimique qu’en 2021 voire 2027. La liste des actions préconisées par le PAGD est assez large pour faciliter la réalisation des objectifs imposés par la DCE. Cependant les fiches actions reprises par le Règlement sont en nombre restreint ce qui jette un doute sur la volonté d’aboutir dans les délais impartis par le SDAGE et la DCE.
-l’estimation des besoins pour la consommation en eau potable à
l’échelon du département sont prévus en progression
de 15 à 50% selon les hypothèses (PAGD page 66). En parallèle
il est attendu une diminution de la consommation par abonné de 15%
sur 10 ans (année de référence 2005) tant par des mesures
d’économie sur le réseau de distribution que par la
sensibilisation des usagers. Le bilan déficitaire du département
est chiffré de 3 à 5Mm3 à l’horizon 2015.
Diverses solutions sont proposées pour augmenter la production d’eau
: renforcement des transferts, recherche de nouveaux forages, création
d’une nouvelle retenue sur l’Auzance, création d’une
unité de dessalement (Yeu).
Les prélèvements agricoles liés à l’irrigation
des cultures sont réalisés à 70% dans les eaux de surfaces,
dont la majeur partie est prélevée à partir des retenues
collinaires (PAGD page 45). De 1998 à 2003 la capacité des
retenues a augmenté de 16% avec un volume actuel de 16Mm3.
Ce constat doit inciter à évaluer avec prudence la suggestion
11 du PAGD (page 89) qui vise à favoriser la création de retenues
de substitution à remplissage hivernal en remplacement des prélèvements
directs dans les cours d’eau en période d’étiage.
Question : si on veut éviter des désordres
graves, n’est-il souhaitable d’inscrire dans la disposition
11 deux limites :
-pas de prélèvement dans les eaux souterraines quelques
soient la période de remplissage, même l’hiver ; le remplissage
ne doit se faire qu’avec les eaux de ruissellement,
-pas de remplissage par captage des ruissellements si ce captage doit se
fait au détriment des nappes souterraines.

Le PAGD (page 44-45) recensent les solutions pour augmenter la ressource
eau et parmi celles-ci un projet de barrage sur l’Auzance. Le PAGD
fait le constat que la principale cause de la situation dégradée
des eaux superficielles est la morphologie dégradée des cours
d’eau et la présence de nombreux obstacles qui freinent les
débits.
Question : le projet de barrage sur l’Auzance
n’est-il en complète opposition avec la recherche de l’amélioration
de la qualité de l’eau ?
La suggestion 10 aborde le principe du débit d’écoulement
minimal (PAGD page 89) qui permet de garantir les fonctions biologiques
et les usages du milieu.
Question : ne peut-on suggérer une prise de
position plus ferme consistant à ériger en principe le respect
du débit non pas minimal mais vital, de sorte que les fonctions biologiques
du milieu ne soient jamais affectées ?
Les eaux souterraines des nappes sédimentaires sont principalement
prélevées sur les captages de Villeneuve ; selon le PAGD (page
34) ces eaux présentent ponctuellement depuis l’année
2000 des concentrations alarmantes de nitrates en lien avec les activités
de maraîchage. Les services de l’Etat en charge de la surveillance
de ce captage relèvent des variations inexpliquées du niveau
de la nappe souterraine (sic).
Question : comment expliquer que le PAGD ne préconise
pas des mesures prioritaires pour remédier à cette situation
?
Les eaux littorales sont classées ‘qualité satisfaisante’ ; cependant la plage reçoit les eaux de l’estuaire qui est l’exutoire des rivières Vie et Jaunay et de leurs affluents, ainsi que les sédiments dragués dans le port de Saint-Gilles-Croix-de-Vie. On note depuis 1997 que la DDASS donne la qualité B aux gisements de tellines (ou pignons) et que les professionnels de cette cueillette n’ont pas revendiqué son exercice sur les plages de Saint-Gilles-Croix-de-Vie comme ils l’ont obtenu sur d’autres plages (PAGD page 63).
Question : peut-on se contenter du classement actuel des eaux de baignade et faire abstraction du risque que représente la qualité dégradée des eaux continentales ?
La gestion des eaux pluviales est prise sous deux aspects :
-la maîtrise des flux majorés par l’augmentation de l’urbanisation.
Question : pourquoi ne pas imposer – à
partir d’un seuil débit à définir - les solutions
techniques qui existent pour épurer les flux pluviaux avant qu’ils
rejoignent les milieux naturels ?
-la réutilisation des eaux pluviales est une piste aléatoire
faute de garantie sanitaire ; jusqu’ici il n’est pas connu d’expérience
pérenne dans le milieu agricole.
Question : ne faut-il pas assortir toute initiative
dans ce domaine de deux limites :
-que la réutilisation des ruissellements pluviaux ne nuise pas aux
autres usages, notamment au rechargement des nappes souterraines et des
retenues dédiées à l’eau potable.
-que l’extension des surfaces imperméabilisées (zones
urbaines et zones d’activité) soit restreinte par le maintien
de l’état naturel des sols ou l’utilisation de matériaux
poreux.