Date de mise sur le site: 27/04/2008
Date de mise à jour : 18/11/2009
Sauver le marais poitevin
Les belles paroles ne manquent pas pour sauver le Marais poitevin mais elles
sont confrontées à la réalité des actes marqués
par les habitudes – rappelons que la politique d’assèchement
s’est poursuivie jusqu’en 1986 (date des derniers grands travaux
d’endiguement sur le Lay). La surface des prairies a été
réduite de 50 % au cours des 30 dernières années, passant
des deux tiers de la superficie du marais à moins d’un tiers
– le phénomène a été jugulé suite
à une modification des aides compensatoires de la nouvelle Politique
Agricole Commune en 1994. Les prairies, si utiles pour contenir les crues
notamment, ont été délaissées par l’agriculture
qui les utilisait pour des élevages de petite taille aujourd’hui
en cours de disparition au profit de la culture irriguée céréalière
et oléagineuse. Selon le ministère de l’Écologie
et du Développement durable en 2005, la gestion hydraulique a été
défavorable au milieu naturel.
Entre 1979 et 2000, le nombre des exploitations agricoles a diminué
de presque la moitié pour une Surface Agricole Utile moyenne doublée.
Si la disparition de l’agriculture dans le marais (principaux usagers
de celui-ci) serait une catastrophe, l’activité agricole doit
cependant se faire dans le respect du milieu aujourd’hui largement
transformé. Sinon, malheureusement, le fonctionnement perturbé
de l’écosystème pourrait à terme aboutir à
un marais de décor, ce qui serait dans ce cas la moins pire des hypothèses.
Les zones humides
sont
les territoires
les plus menacés au monde

Marais Breton-vendéen

Le marais poitevin
les territoires les plus menacés au monde
Les zones humides sont les territoires les plus menacés au monde. D’ailleurs, les deux plus grandes zones humides de France par leur étendue, la Camargue et le Marais poitevin (100 000 hectares pour le Marais poitevin), ont tous deux été l’objet d’âpres discussions concernant leurs statuts de parc naturel régional (celui du marais poitevin ayant même été perdu en 1997). Le Marais poitevin fait l’objet d’une désignation comme Zone de Protection Spéciale (ZPS) au titre de la Directive « oiseaux », d’ailleurs contestée par divers opposants. Depuis 1995, il fait partie avec les marais de l’Ouest des huit secteurs pilotes pour la mise en œuvre du Plan d’action pour les zones humides décidé par l’État.

Marais Breton-vendéen
Les zones humides sont d’une absolue nécessité
Les zones humides sont d’une absolue nécessité. Elles jouent un rôle de stockage des crues, de recharge des nappes phréatiques, de fixation et de transformation des éléments nutritifs, de dégradation des polluants, d’alimentation et de reproduction des poissons, de paysage apprécié par les touristes. Toutes ces prestations fournies naturellement par le marais ont un coût réel quand il s’agit, faute d’avoir su les protéger, de les payer pour les retrouver.
Les objectifs de Natura 2000
Les objectifs de Natura 2000, sur plus de 60 000 hectares (ce qui en fait l’un des plus vastes sites de France), montrent bien l’urgence de l’action : entre autres, maintien et extension de l’habitat prairial sur des territoires à fort enjeu écologique (ensembles d’un seul tenant et corridors écologiques) et gestion hydraulique adaptée aux enjeux environnementaux ; en marais mouillés bocagers et vallées humides, maintien du maillage caractéristique composé de prairies et de boisements avec un parcellaire dense et quadrillé par un réseau hydraulique indispensable à la fonction de réceptacle des crues des marais mouillés ; lutte contre la friche et la fermeture de l’espace. Le plan d’action prévoit deux fois 5000 hectares de prairies supplémentaires à 10 ans (soit 10 % de la surface du marais poitevin).

Le CPNS
Le CPNS suit avec intérêt l’évolution de ce dossier, à l’heure où le Marais breton vendéen connaît lui aussi des transformations du point de vue démographique, urbain, touristique et routier – un territoire d’ailleurs clairement pris en compte dans la Gestion Intégrée des Zones côtières de la Baie de Bourgneuf (1er chapitre de la future charte).
Le Marais poitevin, réservoir majeur de biodiversité,
est la deuxième zone humide de France.
l'année 2010 marquera-t-elle l'aboutissement du processus de labelisation Parc Naturel régional qu'espère depuis 1997 le Marais Poitevin déclassé voilà maintenant 12 ans.?
C'est la question que pose Ouest-France
du 17 octobre 2009. En effet, après bien des péripéties
le Sénat a adopté, début octobre, un amendement pour
créer un établissement public chargé de la gestion de
l'eau et de la protection de la biodiversité dans le Marais poitevin.
L'Assemblée doit désormais se positionner.
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