Les travaux de dragages du port de plaisance et de la darse à passagers
pour l’Ile d’Yeu viennent de se terminer et il est temps pour le CPNS d’en
tirer un premier bilan et de faire des suggestions.
Le volume estimé dragué est inférieur de moitié
au volume des autres années alors que la surface à draguer a
augmenté. En effet, ce sont environ 45000 m3 qui ont été
refoulés sur la plage (pas toujours en pleine eau), cette différence
de volume s’explique en partie par la faible pluviométrie enregistrée
cette dernière année.
La darse à passagers de l’Ile d’Yeu a été draguée
à l’américaine ( vases mises en suspension et entraînées
par le courant à marée descendante) , le faible volume -moins
de 3000 m3- peut expliquer cette technique de dragage mais elle se répète
chaque année et le concessionnaire, la CCI ( Chambre de Commerce et
d’ Industrie), serait bien inspiré de prévoir une autre méthode.
Ces vases reversées sur la plage ou entraînées en mer
posent quelques problèmes :
Le classement des eaux de baignade relevé sur les plages de St Gilles
Croix de Vie a donné pour les années 2003 et 2004 des eaux de
qualité moyenne et de bonne qualité pour l’année 2005.
Cette année là, il n’y eu pas de dragage : faut-il y voir la
raison d’un meilleur résultat ? ! rectificatif : il y a bien eu dragages
en 2005- 2006
La cellule de qualité des eaux (service maritime de la DDE) annonce
que les analyses de métaux lourds sont de bonne qualité et correspondent
aux normes en vigueur (normes GEODE) mais qu’en est il de l’impact sur l’environnement
à long terme? Ces seuils qui ont été déterminés
( par qui et comment ?) sont ils pertinents pour la préservation de
l’environnement et/ou de la santé ? Ainsi, à l’occasion d’une
enquête relative au curage des bassins portuaires, un comité
local des pêches écrit :
« et si les normes GEODE avaient été définies à
un niveau tel afin que la quasi totalité des sédiments portuaires
soient considérés comme faiblement contaminés. »
On peut s’inquiéter légitimement des dangers sanitaires dus
au taux des contaminants (mêmes faibles) des vases portuaires qui entreront
dans la chaîne alimentaire par l’intermédiaire des planctons,
crustacés et poissons car la bio-accumulation n’est pas prise en compte.
Les dragages sont bien trop récents dans le temps pour pouvoir juger
de l’impact sur l’environnement du rejet de ces vases. Rappelez- vous, quand
la centrale de Tchernobyl a explosé (26 avril 1986), les autorités
dites compétentes ont affirmé que le nuage s’était arrêté
aux frontières de la France, on connaît maintenant le résultat
de ce mensonge d’Etat….
Pourquoi ne pas consulter et informer ainsi les habitants avant chaque dragage
par une enquête publique même si la loi ne le prévoit pas?
La qualité des eaux est liée aux dragages, mais n’est ce pas
antinomique de parler de dragages et de qualité de l’eau ? Pendant
le temps de rejet sur la plage, la pêche à pied est interdite
et ce, 15 jours après la fin des rejets. Pourquoi ? si ce n’est qu’il
y a un risque de contamination……..
Nous avons la chance d’avoir des ports situés dans une rivière
avec un courant parfois violent. Ce courant fait office de chasse et entraîne
hors du port les déchets des deux ports. Dans les estuaires sans rivière,
il est fréquent que les ports s’équipent de bateaux ramasseurs
de déchets comme dans le port des Sables d’ Olonne. A St Gilles Croix
de Vie, il arrive fréquemment que le port de pêche soit l‘objet
de pollution au gasoil pendant les opérations de remplissage des cuves
des bateaux, et malgré les procès-verbaux dressés à
l’encontre des pollueurs, la pollution continue. Ne vaudrait- il pas mieux
chercher des systèmes mécaniques pour empêcher cette pollution
et encourager les équipages à plus de vigilance plutôt
que pénaliser ?
Selon les responsables du port de plaisance (SEMVIE ), seuls deux bateaux
(sur 1000) sont équipés pour leurs eaux noires (eaux usées
des toilettes) et la Semvie ne dispose pas de pompe de relevage pour évacuer
ces eaux, et prétend qu’il n’existe pas de normes actuellement sur
les cuves de réception pour ce problème. Mais pourquoi attendre
que des normes se mettent en place ? C’est le chien qui se mord la queue :
le Semvie considère que seuls 2 bateaux sont équipés
et les bateaux ne s’équipent pas car le port ne dispose pas de moyens
de vidange….
Il existe une directive européenne (2000/59/C) traduit dans le droit
français par la loi n°2001/43 du 16 janvier 2001 inscrite au code
de l’environnement et au code des Ports maritimes interdisant les rejets en
mer et obligeant les ports à se doter d’équipements pour réceptionner
les résidus d’exploitation des bateaux. Le port de St Gilles Croix
de Vie n’est pas une zone de non droit. Certains ports ont fait l’effort de
s’équiper. Saint Malo (1200 places) a aménagé tous ses
pontons de WC flottants ainsi que des possibilités de vidange par aspiration
des eaux noires des bateaux ou bien de leurs eaux de fond de cale ou des huiles
de vidange de moteur. L’ensemble des eaux contaminées est réacheminé
séparément vers le terre- plein par refoulement avant d’être
dirigé vers la station d’épuration.
Ce qui est possible à St Malo doit l’être à St Gilles
Croix de Vie, l’argument de la marée ne tient plus, le marnage en Côte
d’Armor (différence de niveau entre la basse mer et la haute mer) est
bien plus important qu’en Vendée.
Cependant, seule une mise aux normes éviterait, qu’une fois, de plus
l’environnement trinque ! Imaginons un seul instant la qualité que
peut avoir l’eau mélangée aux rejets polluants des dragages
!Mais peut être que les réticences ne sont qu’économiques……………