Date de mise sur le site: 18/02/2009
Date de mise à jour : 07/01/2010
Un barrage sur l'Auzance?
c'est NON pour
le CPNS et la coordination CoorLIT 85
Dans son bulletin 2008 le CPNS proposait à ses lecteurs un dossier consacré à la problématique de l'eau en Vendée. Il soulignait l'insuffisance des ressources en eau potable et les conséquences inquiétantes pour le devenir de notre région. Cette réflexion ne faisait que s'ajouter aux précédentes dans lesquelles le CPNS n'a cessé d'alerter l'opinion publique et les décideurs en préconisant des mesures pour corriger une dérive qui, malheureusement, ne fait que s'aggraver.
Le CPNS a pris position contre le projet d'un 14ième barrage en Vendée sur l'Auzance qui n'apportera pas les réponses utiles. Au moment où les autorités publiques débattent de cette question, le CPNS vous livre la conclusion de la Coordination des Associations Littorales, COORLIT 85, à laquelle il adhère pleinement.
Le CPNS est adhérent deCoorlit 85 au même titre que l'APNO aux Sables-d'Olonne, l'ASNEL à la Tranche-sur-Mer, et Vivre l'ïle 12/12 à Noirmoutier.
Communiqué de presse
Pourquoi nous sommes défavorables au barrage sur l’Auzance
La presse se fait l’écho de nombreuses protestations au sujet d’une observation émise par un service de l’Etat dans le cadre de l’élaboration du SAGE Auzance-Vertonne (Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux). Le point qui fait problème ne constitue pas une nouveauté, puisqu’il est inclus depuis 1996 dans le SDAGE (Schéma Directeur, valable pour le Bassin Loire-Bretagne) et dans une Directive Cadre Européenne transposée en droit français en 2004. Les vives réactions provoquées par ce rappel sont donc surprenantes.
En réalité, actuellement, rien n’est arrêté ; c’est le Préfet coordonnateur de Bassin qui prendra la décision d’autoriser ou non le barrage, si certaines conditions prévues par la loi sont remplies : en particulier, s’il n’existe pas d’autre solution moins dommageable pour l’environnement et de coût non disproportionné.
Quoiqu’il en soit, après son Assemblée générale du 9 février dernier, COORLIT 85 précise les raisons de sa prise de position défavorable
Pour la préservation des milieux
naturels
1- L’Auzance est le dernier fleuve côtier vendéen encore dépourvu de barrage ; c’est le seul qui présente une continuité écologique naturelle : il faut tout tenter pour ne pas modifier de manière irréversible sa vallée, les habitats présents et les espèces liées (rappelons qu’il s’agit, entre autres, d’un cours d’eau à poissons migrateurs)
2- Au-delà de la suppression partielle de l’habitat cours d’eau, un barrage diminuera le transfert de sédiments, et le volume d’eau douce normalement apporté au marais d’Olonne (-12% en moyenne mais - 53% en pointe) :
- l’envasement de la retenue associé à la présence de phosphates conduira à une forte dégradation de la qualité de l’eau du barrage-réservoir
- le fonctionnement de ce marais d’importance nationale sera obligatoirement perturbé , avec conséquences sur l’habitat et le cycle vital des espèces
Pour la qualité de l’eau retenue
1 Dans un environnement pollué, l’eau retenue en surface par les barrages l’est aussi ; il faut compter avec les nitrates, phosphates, herbicides, insecticides et autres phytosanitaires utilisés en agriculture intensive (et les traitements sont coûteux)
2 Les mesures de limitation de ces pollutions ne sont actuellement définies qu’aux alentours immédiats du cours d’eau (d’ailleurs incomplètement), soit sur seulement 9% du bassin versant
Parce qu’il existe d’autres solutions
1- un transfert depuis les nappes alluviales de la Loire a été étudié, et son coût est comparable à celui de la construction du barrage2- une meilleure utilisation des réserves existantes est possible :
- tenter de diminuer les pertes sur le réseau (14 %)
- diversifier les cultures, limiter fortement celles très gourmandes en eau (maïs)
- inciter fortement à l’économie pour l’usage domestique de l’eau, en particulier l’été (modalités tarifaires variables avec la disponibilité de l’eau, application d’un abonnement aux mobil-homes des parcs de loisirs…)3- une recherche accélérée de l’eau souterraine du bocage (estimée à 600 millions de m3 en Vendée - dont 70 millions dans le socle granitique de La Roche-sur-Yon , mobilisables en partie), voire une utilisation des nappes souterraines du sud-Vendée …si elles retrouvent un jour la qualité nécessaire
Pour conclure
En Vendée, 90% de la ressource en eau est fournie par 13 barrages, alors que dans l’ensemble des Pays de la Loire, les eaux superficielles ne représentent que 65% de cette ressource (et même seulement 50% en Sarthe et Mayenne). De plus, l’efficacité estivale d’un barrage sur l’Auzance est mise en doute étant donné les assecs de ce cours d’eau.
Alors que le problème se posait dès les années 70, on a beaucoup tardé à rechercher l’eau souterraine. Or, dans le même temps, on a considérablement accru l’urbanisation, comme si l’on pouvait parallèlement accroître indéfiniment l’eau disponible.
Il est temps de réorienter la politique de l’eau en Vendée :
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Signataires:
APNO
(Association pour la Protection de la Nature au Pays des Olonnes)
Présidente : Nicole BAROT
ASNEL Sud Vendée
(Association pour la Sauvegarde de la Nature et de l’Environnement
du littoral de Sud-Vendée)
Président : Jean KAHANE
CPNS
(Comité pour la Protection de la Nature et des Sites du canton de
St Gilles)
Président : Benoît GRAUX
Vivre sur l’Ile 12/12
Présidente : Marie Thérèse BEAUCHENE (également
présidente de COORLIT 85 pour 2009)
COORLIT 85 -Association à
but non lucratif régie par la Loi du 1er juillet 1901 -
Membre du réseau FNE
Siège social : 62 rue des Normands 85100 LES SABLES D’OLONNE
Tél 02 51 95 23 04 Courriel coorlit85@wanadoo.fr
Les barrages de Vendée
