Algues vertes:
la Vendée victime mais pas coupable
Assemblée Nationale 11 mai 2010
Question de Louis Guédon, député (UMP) de la
Vendée :
Le phénomène des marées vertes touche régulièrement
les côtes françaises depuis les années 1970 et ne cesse
pas d’augmenter, surtout sur les côtes bretonnes et vendéennes.
L’ampleur de ce phénomène a conduit le Premier ministre
à diligenter un rapport afin de bâtir un plan d’action
de lutte contre cette prolifération. Ce plan de 134 M comporte trois
volets : améliorer les connaissances et la gestion des risques ; aider
les collectivités locales à ramasser et à traiter les
algues vertes ; limiter le flux d’azote vers les côtes. Mais il
semble que cette enveloppe soit réservée à la Bretagne.
Comment faire en sorte que mon département, également touché
par cette nuisance, bénéficie de cette aide ?
Réponse du ministre de l’écologie :
Cette mission d’inspection interministérielle s’est notamment
rendue dans votre département. Le plan présenté en conseil
des ministres le 3 février a pour objectif, à court terme, de
supprimer les nuisances occasionnées par les algues vertes en améliorant
la gestion de leur ramassage et de leur élimination et, à moyen
terme, de réduire leur développement en diminuant pour ce f
a i re les flux de nitrates véhiculés par les cours d’eau
vers la mer.
Au total, 90 % de ce plan, soit 1 2 0 M , sont destinés à prévenir
la croissance des algues vertes ; il faut agir sur les pratiques agricoles
dans des zones identifiées par le schéma directeur d’aménagement
et de gestion des eaux du bassin Loire-Bretagne. Ce Sdage a retenu huit baies
comme zones prioritaires d’action au cours de la période 2010-2015.
Ces huit baies sont toutes situées en Bretagne et présentent
de très forts tonnages d’algues vertes : environ 70 000 tonnes
par an.
Un amendement au projet de loi Grenelle II voté par votre assemblée
permettra sur ces baies une traçabilité des flux réels
d’azote épandu et la mise en place de projets territoriaux dans
les bassins versants. Le plan de lutte contre les algues vertes ne prévoit
aucune action spécifique en Vendée, car l’origine des
échouages y semble différente : il ne s’agit pas de proliférations
d’algues dues à des rejets locaux de nitrates qui viendraient
des rivières vendéennes, mais d’algues amenées
par des courants depuis des zones plus lointaines. Nous travaillons avec le
conseil général de votre département et l’agence
de l’eau Loire-Bretagne pour connaître précisément
cette origine.
Nous attendons les résultats de cette étude pour identifier
des moyens de prévention. Cela relèvera certainement d’une
logique distincte de la Bretagne, puisque nous n’aurons pas à
traiter les cours d’eau en amont. S’agissant de la gestion des
algues déjà échouées, la préfecture de
votre département a engagé un travail technique avec les collectivités
territoriales pour faire face à d’éventuels échouages
massifs d’algues cet été.
Au-delà de ce soutien technique, un soutien financier est demandé
à l’État, aux côtés des collectivités
territoriales. Nous sommes en train d’en établir le chiffrage.
Le soutien de l’État pourra vous être accordé sur
des actions de ramassage, mais il sera bien plus utile sur les actions préventives,
une fois que nous aurons identifié la cause de l’arrivée
de ces algues sur le littoral de la Vendée.
AN, 11 mai 2010, 1re séance.