Date de mise sur le site : 28/11/2009
Date de mise à jour 06/12/2009
Cet air que nous respirons…
Cette eau que nous
buvons ...
Il nous a semblé intéressant de traiter, à titre d’exemples, de deux sujets qui peuvent paraître dissemblables mais qui se rejoignent cependant sur un point : la prolifération « des algues vertes », les Ulves, et les émanations provenant des installations de stockage de déchets dits non dangereux.

Algues vertes en Bretagne
Les algues et le phytoplancton : premiers producteurs d’oxygène de notre planète
A l’heure actuelle, par le monde il a été répertorié environ 25000 espèces d’algues différentes ; seulement quelques centaines sont parfaitement connues et bien identifiées. L’algue est une plante qui ne possède ni feuille, ni tige, ni racine ; c’est ce qu’on dénomme un thalle. Elle peut se fixer fortement aux rochers par des disques ou des crampons ou bien rester en suspension dans l’eau; elle puise sa nourriture directement dans le milieu aquatique environnant. Comme toutes les autres plantes, elle réalise sa photosynthèse – c'est-à-dire sa croissance et sa régénération - avec l’énergie de la lumière produisant ainsi sa matière organique et de l’oxygène. Il est important de noter que les algues et le phytoplancton restent les premiers producteurs d’oxygène de notre planète bien avant les plantes supérieures (herbes et arbres). Les algues ont des couleurs différentes, pour la majorité, de trois sortes : verte, brune et rouge ; ces couleurs dépendent de la présence de chlorophylle, de carotène ou de phycocyanine. Certaines algues sont microscopiques tandis que d’autres peuvent atteindre une taille de plusieurs dizaines de mètres. Leur durée de vie est très variable d’une espèce à l’autre ; par exemple certaines sont annuelles comme les Ulves. Leur reproduction se fait soit par bouturage, soit par production de spores, soit de façon sexuée.
les algues : des plantes ressources
Le système écologique des algues
est extrêmement complexe et fragile ; la cohabitation, nécessaire
d’ailleurs, entre les différentes espèces est fonction
d’un équilibre environnemental, celui de l’eau de mer
ou de l’eau douce donc de sa composition et de ses caractéristiques
(p.e. température, viscosité, pH, mobilité…etc..),
mais aussi de l’air et de la lumière ; toute modification d’un
seul des paramètres a une répercussion sur la composition
du milieu en différentes espèces d’algues. N’oublions
pas que certaines espèces (le fucus) survivent hors de l’eau
et passent 70 à 80% de leur temps à l’air libre, alors
que d’autres ne vivent que dans les fonds marins (les laminaires).
En outre les algues sont des plantes ressources. On en veut pour preuve
l’usage abondant que peuvent en faire les peuples asiatiques dans
le domaine alimentaire. Les pays asiatiques fournissent environ 75% des
besoins mondiaux en algue et la France à peu près 0,6%. Il
faut reconnaître que l’utilisation de l’algue ne fait
pas vraiment partie de notre culture européenne. Cependant, à
côté du domaine alimentaire, l’algue peut être
utilisée dans bien d’autres domaines pharmaceutiques, chimiques,
énergétiques, agricoles et même dans les nanotechnologies.
Notons, néanmoins, en France la longue tradition des goémoniers
en particulier sur les côtes nord de la Bretagne, qui persiste encore.
La prolifération des algues vertes
Depuis plusieurs années de façon
périodique et récurrente les « algues vertes »
font parler d’elles et alimentent la une des médias qui s’adonnent,
parfois, à des analyses dont l’objectivité scientifique
n’est pas forcément de mise. La prolifération saisonnière
de ces algues est une des manifestations des dysfonctionnements environnementaux
appelés eutrophisation, c'est-à-dire la modification et la
dégradation du milieu aquatique par des apports de nutriments anormaux
et/ou excessifs. Ces fameuses marées vertes proviennent d’un
développement massif d’algues macrophytes du genre Ulva. On
répertorie actuellement une quinzaine d’espèces d’Ulves,
dont l’ Ulva armoricana et l’Ulva rotundata proliférant
en particulier sur les côtes bretonnes et l’Ulva lactuca ou
laitue des mers, algue comestible. A notre connaissance aucune de ces algues
étant vivantes ne libère de substance toxique ou nocive à
l’encontre d’autres organismes.
Ce phénomène de prolifération des Ulves n’est
ni nouveau, ni local. En effet déjà en 1911 des scientifiques
anglais avaient remarqué l’existence d’Ulves en très
grande quantité en regard des débouchés d’égouts
; en France, sur les côtes bretonnes, au début du XXème
siècle, l’existence de marées vertes est notée
par des édiles locaux . A partir des années 1950, on a tenu
une cartographie de ce phénomène. La prolifération
des Ulves concerne aussi depuis plusieurs dizaines d’années
les côtes est de l’Irlande, les côtes ouest de l’Angleterre,
les lagunes de Venise et du delta du Pô mais aussi les côtes
Danoises, Norvégiennes, Cubaines et Chinoises…et la liste n’est
nullement exhaustive !
une prolifération multifactorielle
En France le phénomène est étudié
scientifiquement depuis la fin des années 1980. La prolifération
des Ulves commence aux mois de mars ou avril sous forme de petits fragments
en suspension dans l’eau proche du rivage, puis s’accentue en
mai et juin pour atteindre son maximum en été. On a isolé
différents facteurs qui peuvent déclancher et amplifier ce
phénomène. Citons les principaux et les plus importants que
nous allons détailler ci-après : la teneur en azote et en
nitrates des eaux, la concentration en phosphore, la profondeur et la mobilité
de l’eau, la modification de la température du milieu ambiant,
l’exposition lumineuse, la cohabitation avec les autres algues, l’existence
de prédateurs…
Les Ulves pour se développer et proliférer ont besoin d’azote
apporté par les nitrates ; cet azote est en particulier nécessaire
pour la constitution de leur important équipement chlorophyllien
; une corrélation semble être établie entre concentration
de nitrates et prolifération des Ulves. En outre ces algues ont un
besoin en phosphore ; celui-ci se trouve à l’état naturel
dans les eaux et les sédiments marins. Une eau peu profonde avec
des courants faibles, un confinement, une température suffisamment
élevée et stable et une exposition lumineuse importante constituent
le milieu adéquat au bon développement des algues vertes ;
en quelque sorte le système lagunaire est le milieu idéal
pour la prolifération des Ulves. Enfin l’absence d’autre
espèce d’algue et la disparition de crustacé et/ou de
poisson se nourrissant de cette algue favorisent sa dissémination.
On voit donc que la prolifération des Ulves dépend de multiples
facteurs où l’intervention humaine joue un énorme rôle.
Notre propos ne va pas être de trouver un responsable, un bouc émissaire,
car nous le sommes tous peu ou prou. Indubitablement l’excès
de nitrates dans les eaux a une origine surtout agricole mais aussi urbaine
et industrielle ; l’origine du phosphore est pour 2/3 métabolique
(excréments) et 1/3 lessiviel ; les
différents ouvrages érigés en mer pour des activités
industrielles ou de loisir modifient sensiblement la courantologie ; l’élévation
de la
température ambiante est un phénomène mondial parfaitement bien analysé ; la disparition de certaines espèces est parfois voire souvent liée à leur prédation par l’être humain.
Notre propos ne va pas être de trouver un responsable, un bouc émissaire, car nous le sommes tous peu ou prou. Indubitablement l’excès de nitrates dans les eaux a une origine surtout agricole mais aussi urbaine et industrielle ; l’origine du phosphore est pour 2/3 métabolique (excréments) et 1/3 lessiviel ; les différents ouvrages érigés en mer pour des activités industrielles ou de loisir modifient sensiblement la courantologie ; l’élévation de la température ambiante est un phénomène mondial parfaitement bien analysé ; la disparition de certaines espèces est parfois voire souvent liée à leur prédation par l’être humain.
Algues vertes, algues toxiques?
Pourquoi dit-on que ces algues vertes sont toxiques voire mortelles selon certains ? Comme tous les êtres vivants elles sont constituées d’hydrogène, d’oxygène, de carbone, de soufre, d’azote, de phosphore …etc.…Amassées sur l’estran, exposées à l’ensoleillement elles se décomposent et pourrissent aussi bien en aérobie (en utilisant de l’oxygène) qu’en anaérobie (sans utiliser d’oxygène) en produisant des gaz tels que le méthane, l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac. Il faut savoir que tout être une fois mort est confronté au phénomène de putréfaction et produit ces mêmes gaz. Ces trois gaz sont, à différent degré, toxiques pour l’humain et les mammifères ; la toxicité dépend de leur concentration dans l’air ambiant, du temps d’exposition et de leur association.
La prise en compte de ce phénomène de putréfaction nous amène, tout naturellement à notre deuxième sujet :
les émanations provenant des zones de stockage de déchets dits non dangereux


partie 1
les Ulves communément appelées "algues vertes »