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Dossier algues

Cet air ..., partie 2

 

 

Date de mise sur le site : 28/11/2009

Date de mise à jour 06/12/2009


Cet air que nous respirons…

Cette eau que nous buvons ...

 

 

Il parait bien banal d’énoncer que notre survie, de même que celle des autres espèces vivantes, dépend essentiellement de l’existence de l’air et de l’eau, mais aussi et surtout de leur qualité et de leur quantité. Toute altération de l’un et/ou de l’autre a inéluctablement une répercussion sur nos organismes dont l’ampleur dépend de celle de la dite altération ; toute modification de ces deux milieux ambiants a des conséquences à plus ou moins long terme sur notre état physiologique donc sur notre santé. Il serait fastidieux et très traumatisant d’énumérer les multiples causes qui altèrent –polluent– air et eau. L’imagination humaine est sans borne en la matière, et depuis que l’espèce humaine est apparue sur la planète Terre, elle a largement contribué à altérer ces deux milieux ambiants. Mais constater un phénomène est une chose et l’expliquer en est une autre ; en effet son apparition est souvent multi causale, et il peut très bien n’être qu’un maillon de tout un ensemble.

Il nous a semblé intéressant de traiter, à titre d’exemples, de deux sujets qui peuvent paraître dissemblables mais qui se rejoignent cependant sur un point : la prolifération « des algues vertes », les Ulves, et les émanations provenant des installations de stockage de déchets dits non dangereux.

Algues vertes en Bretagne

Les algues et le phytoplancton : premiers producteurs d’oxygène de notre planète

A l’heure actuelle, par le monde il a été répertorié environ 25000 espèces d’algues différentes ; seulement quelques centaines sont parfaitement connues et bien identifiées. L’algue est une plante qui ne possède ni feuille, ni tige, ni racine ; c’est ce qu’on dénomme un thalle. Elle peut se fixer fortement aux rochers par des disques ou des crampons ou bien rester en suspension dans l’eau; elle puise sa nourriture directement dans le milieu aquatique environnant. Comme toutes les autres plantes, elle réalise sa photosynthèse – c'est-à-dire sa croissance et sa régénération - avec l’énergie de la lumière produisant ainsi sa matière organique et de l’oxygène. Il est important de noter que les algues et le phytoplancton restent les premiers producteurs d’oxygène de notre planète bien avant les plantes supérieures (herbes et arbres). Les algues ont des couleurs différentes, pour la majorité, de trois sortes : verte, brune et rouge ; ces couleurs dépendent de la présence de chlorophylle, de carotène ou de phycocyanine. Certaines algues sont microscopiques tandis que d’autres peuvent atteindre une taille de plusieurs dizaines de mètres. Leur durée de vie est très variable d’une espèce à l’autre ; par exemple certaines sont annuelles comme les Ulves. Leur reproduction se fait soit par bouturage, soit par production de spores, soit de façon sexuée.

les algues : des plantes ressources

Le système écologique des algues est extrêmement complexe et fragile ; la cohabitation, nécessaire d’ailleurs, entre les différentes espèces est fonction d’un équilibre environnemental, celui de l’eau de mer ou de l’eau douce donc de sa composition et de ses caractéristiques (p.e. température, viscosité, pH, mobilité…etc..), mais aussi de l’air et de la lumière ; toute modification d’un seul des paramètres a une répercussion sur la composition du milieu en différentes espèces d’algues. N’oublions pas que certaines espèces (le fucus) survivent hors de l’eau et passent 70 à 80% de leur temps à l’air libre, alors que d’autres ne vivent que dans les fonds marins (les laminaires).
En outre les algues sont des plantes ressources. On en veut pour preuve l’usage abondant que peuvent en faire les peuples asiatiques dans le domaine alimentaire. Les pays asiatiques fournissent environ 75% des besoins mondiaux en algue et la France à peu près 0,6%. Il faut reconnaître que l’utilisation de l’algue ne fait pas vraiment partie de notre culture européenne. Cependant, à côté du domaine alimentaire, l’algue peut être utilisée dans bien d’autres domaines pharmaceutiques, chimiques, énergétiques, agricoles et même dans les nanotechnologies. Notons, néanmoins, en France la longue tradition des goémoniers en particulier sur les côtes nord de la Bretagne, qui persiste encore.

La prolifération des algues vertes

Depuis plusieurs années de façon périodique et récurrente les « algues vertes » font parler d’elles et alimentent la une des médias qui s’adonnent, parfois, à des analyses dont l’objectivité scientifique n’est pas forcément de mise. La prolifération saisonnière de ces algues est une des manifestations des dysfonctionnements environnementaux appelés eutrophisation, c'est-à-dire la modification et la dégradation du milieu aquatique par des apports de nutriments anormaux et/ou excessifs. Ces fameuses marées vertes proviennent d’un développement massif d’algues macrophytes du genre Ulva. On répertorie actuellement une quinzaine d’espèces d’Ulves, dont l’ Ulva armoricana et l’Ulva rotundata proliférant en particulier sur les côtes bretonnes et l’Ulva lactuca ou laitue des mers, algue comestible. A notre connaissance aucune de ces algues étant vivantes ne libère de substance toxique ou nocive à l’encontre d’autres organismes.
Ce phénomène de prolifération des Ulves n’est ni nouveau, ni local. En effet déjà en 1911 des scientifiques anglais avaient remarqué l’existence d’Ulves en très grande quantité en regard des débouchés d’égouts ; en France, sur les côtes bretonnes, au début du XXème siècle, l’existence de marées vertes est notée par des édiles locaux . A partir des années 1950, on a tenu une cartographie de ce phénomène. La prolifération des Ulves concerne aussi depuis plusieurs dizaines d’années les côtes est de l’Irlande, les côtes ouest de l’Angleterre, les lagunes de Venise et du delta du Pô mais aussi les côtes Danoises, Norvégiennes, Cubaines et Chinoises…et la liste n’est nullement exhaustive !

une prolifération multifactorielle

En France le phénomène est étudié scientifiquement depuis la fin des années 1980. La prolifération des Ulves commence aux mois de mars ou avril sous forme de petits fragments en suspension dans l’eau proche du rivage, puis s’accentue en mai et juin pour atteindre son maximum en été. On a isolé différents facteurs qui peuvent déclancher et amplifier ce phénomène. Citons les principaux et les plus importants que nous allons détailler ci-après : la teneur en azote et en nitrates des eaux, la concentration en phosphore, la profondeur et la mobilité de l’eau, la modification de la température du milieu ambiant, l’exposition lumineuse, la cohabitation avec les autres algues, l’existence de prédateurs…
Les Ulves pour se développer et proliférer ont besoin d’azote apporté par les nitrates ; cet azote est en particulier nécessaire pour la constitution de leur important équipement chlorophyllien ; une corrélation semble être établie entre concentration de nitrates et prolifération des Ulves. En outre ces algues ont un besoin en phosphore ; celui-ci se trouve à l’état naturel dans les eaux et les sédiments marins. Une eau peu profonde avec des courants faibles, un confinement, une température suffisamment élevée et stable et une exposition lumineuse importante constituent le milieu adéquat au bon développement des algues vertes ; en quelque sorte le système lagunaire est le milieu idéal pour la prolifération des Ulves. Enfin l’absence d’autre espèce d’algue et la disparition de crustacé et/ou de poisson se nourrissant de cette algue favorisent sa dissémination. On voit donc que la prolifération des Ulves dépend de multiples facteurs où l’intervention humaine joue un énorme rôle. Notre propos ne va pas être de trouver un responsable, un bouc émissaire, car nous le sommes tous peu ou prou. Indubitablement l’excès de nitrates dans les eaux a une origine surtout agricole mais aussi urbaine et industrielle ; l’origine du phosphore est pour 2/3 métabolique (excréments) et 1/3 lessiviel ;
les différents ouvrages érigés en mer pour des activités industrielles ou de loisir modifient sensiblement la courantologie ; l’élévation de la

température ambiante est un phénomène mondial parfaitement bien analysé ; la disparition de certaines espèces est parfois voire souvent liée à leur prédation par l’être humain.

Notre propos ne va pas être de trouver un responsable, un bouc émissaire, car nous le sommes tous peu ou prou. Indubitablement l’excès de nitrates dans les eaux a une origine surtout agricole mais aussi urbaine et industrielle ; l’origine du phosphore est pour 2/3 métabolique (excréments) et 1/3 lessiviel ; les différents ouvrages érigés en mer pour des activités industrielles ou de loisir modifient sensiblement la courantologie ; l’élévation de la température ambiante est un phénomène mondial parfaitement bien analysé ; la disparition de certaines espèces est parfois voire souvent liée à leur prédation par l’être humain.

 

Algues vertes, algues toxiques?

Pourquoi dit-on que ces algues vertes sont toxiques voire mortelles selon certains ? Comme tous les êtres vivants elles sont constituées d’hydrogène, d’oxygène, de carbone, de soufre, d’azote, de phosphore …etc.…Amassées sur l’estran, exposées à l’ensoleillement elles se décomposent et pourrissent aussi bien en aérobie (en utilisant de l’oxygène) qu’en anaérobie (sans utiliser d’oxygène) en produisant des gaz tels que le méthane, l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac. Il faut savoir que tout être une fois mort est confronté au phénomène de putréfaction et produit ces mêmes gaz. Ces trois gaz sont, à différent degré, toxiques pour l’humain et les mammifères ; la toxicité dépend de leur concentration dans l’air ambiant, du temps d’exposition et de leur association.

La prise en compte de ce phénomène de putréfaction nous amène, tout naturellement à notre deuxième sujet :

les émanations provenant des zones de stockage de déchets dits non dangereux

 

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partie 1

les Ulves communément appelées "algues vertes »