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article paru dans le bulletin 2002

 

ST GILLES CROIX DE VIE
La passerelle André BENETEAU


La passerelle est terminée pour le plaisir de certains, au grand regret des autres. Quel bénéfice apporte-t-elle Zi la circulation dans St Gilles-Croix-de-Vie? Nous posons la question à la fin de cet article et dans l'article précédent « circulation«

Pourquoi /e C.P.N.S a-t-il engagé un recours pour excès de pouvoir contre un arrêté de monsieur le Maire de Saint Gi!!es Croix-de-Vie en date du 8octobre 2001 autorisant ,la construction d'une passerel!e piétonne et cyclable pour franchir la Vie entre le quai Gorin et !c quai Garcie-Ferrande ?
Reprenons le déroulement des faits : toute In population, nous semble-t-il. a toujours souhaité une passerelle permettant une jonction plus sécurisante entre les 2 rives de la Vie et se réalisant sous forme d'une modeste passerelle et non d'un ouvrage de cette ampleur qui prend le pas sur le pont de la Concorde et qui détruit le paysage de l'estuaire. De plus, le choix du " mauvais ' côté du flux nous laisse interrogatifs. Car si l'on observe bien le flux naturel, c'est bien de l'autre côté que cela se passe.
Reprenons la construction de cette passerelle et parlons des piles, ces fameuses piles porteuses de l'ancienne passerelle du chemin de fer et qui allaient plier sous la charge de si lourds souvenirs transformés en patrimoine indispensable à conserver. Et à partir de la faiblesse des piles. le projet primitif prend de la hauteur car il faut repousser les poussées qui s'exercent sur elles et qui viendraient de droite et de gauche ! Voilà donc le maître d'ouvrage dans l'obligation d'avoir une poussée verticale seule capable d'assurer la sécurité de I' ouvrage et dans la nécessité de remonter l'ouvrage et de conforter par une maçonnerie la faiblesse de ces piles. Ce qui amène des travaux sur le Domaine Public Maritime ( D. P. M.) sans aucune autorisation.
Et pourquoi le CP.N.S n'a-t-il fait ce recourt que début non novembre?
Nous avions un délai de 2 mois à partir du 8 octobre 20O I pour introduire un recours devant le Tribunal Administratif et après mûres réflexions la passerelle étant pratiquement terminée. nous n'avons pas voulu faire un référé qui aurait eu comme résultat de laisser 2 poutrelles orphelines au-dessus de la Vie.
Constatant l' empiètement sur le D.P.M., l'emprise inattendue sur l' estuaire par un impact visuel au-delà de toute attente, le C.P.N.S s'inquiète auprès des autorités administratives des autorisations qui ont dû être établies en bonne et due forme. Et cette inquiétude se manifeste. dès le 16 juillet 2001, par des échanges de courrier entre le C.P.N.S et le Préfet, le Sous-Préfet. le Préfet de Région. le Président du Conseil Général, l'Architecte des Bâtiments de France. Le 2 octobre 2001 l'Architecte des Bâtiments de France donne un avis favorable pour construire cette passerelle, ce qui permet au Maire le 8 octobre 2001 de se donner une autorisation spéciale de construction.
La passerelle s'est donc construite sans avoir d'existence juridique et c'est pourquoi nous ne pouvions faire un recours puisque juridiquement la passerelle n'existait pas ! et c'est donc à partir de l'autorisation que le maire se donne pour construire le 8 octobre que nous pourrons attaquer une décision qui n'est pas une autorisation pour construire mais pour poursuivre une réalisation pratiquement achetée.
Or nous sommes dans un secteur de la ville qui est
- en ZPPAUP ( Zone de Protection du Patrimoine Architectural Urbain et Paysager)
- en espaces protégés par la loi "littoral" loi L-146-6
-dans le Domaine Public Maritime !!
Et cette protection ne serait donc pas encore suffisante...!!! Étonnant, mais voilà ce qui arrive quand un projet communal manque de concertation préalable en ne permettant pas aux acteurs associatifs et aux citoyens de s'exprimer en amont. Mais aussi quand la décentralisation est mal comprise et vécue comme une prise de pouvoirs par les élus locaux, ce qui entraîne " l'oubli " ou la méconnaissance de la loi du 7 janvier 1983 relative à la répartition des compétences entre les communes, les départements. les régions et l'État (article 71 ).